(J+256) Cambodge – Kampot, la Capitale du Poivre

Kampot est une province maritime du Cambodge, mais également la ville principale de cette région ! Elle est surtout connue pour son fameux poivre de Kampot

28 avril 2018

Après Battambang, nous filons dans la région de Kampot, située en bord de mer dans la partie Sud du Cambodge. Nous avons prévu d’y passer quelques jours avant de rejoindre Phnom Penh, la capitale.

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Un trajet beaucoup plus long que prévu

À Battambang, nous achetons à l’accueil de notre hôtel des billets de bus pour nous rendre à Kampot. On nous dit que le départ du bus est à 23h, pour un trajet de nuit. Arrivée prévue vers 7h, c’est parfait !

En montant dans le bus, on s’enfile direct un cachet pour le mal des transports, histoire de s’assurer de passer une nuit correcte. (NDLR : le médicament a un effet somnifère)

Le bus est illuminé ambiance discothèque ! Mais très rapidement, nous sombrons dans nos rêves sous l’effet des comprimés.

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En plein milieu de la nuit Au petit matin, le chauffeur du bus nous réveille et nous fait descendre avec nos gros sacs à dos. Après un rapide coup d’œil à Maps.Me, on se rend compte qu’on n’est pas à Kampot… mais à Phnom-Penh à 150 kilomètres de notre destination ! Et l’horloge n’affiche que 04h30 du matin… Il fait encore nuit. On arrive à peine à ouvrir les yeux.

Dans un anglais plus qu’approximatif et assez confus (mais on n’avait pas bien les idées claires non plus), on nous explique que nous devons prendre un deuxième bus qui nous emmènera à Kampot. Départ prévu à 8h30, c’est-à-dire dans 4 heures. Bon, ça va être long…  Nous attendons patiemment, l’esprit quelque peu embrumé par l’effet du cachet pour dormir.

Au bout de trente minutes d’attente, on nous dit de remonter dans le bus qu’on a quitté un peu plus tôt alors qu’on nous avait bien confirmé qu’il n’allait pas à Kampot. On n’y comprend plus rien… Bref, on s’installe dans le bus. C’est toujours plus confortable que d’attendre debout dehors. On commence à fermer les yeux…

Mais 15 minutes plus tard, le bus s’arrête et le chauffeur nous dit de descendre. M’enfin !! On nous dépose à l’agence de la compagnie de bus. On croit comprendre du coup qu’il faut attendre là. Il y a des sièges confortables, William continue sa nuit. Claire se force à rester éveillée, au cas où, parce que bon, c’est pas comme si on savait ce qui se passait… 

Au bout d’une heure, un tuk-tuk passe nous prendre et nous amène… à un restaurant de rue. On commence à prendre le plis : attendre là qu’on vienne nous chercher sans rien dire. Un jour. Peut-être. On s’assoit et on prend un café glacé. William, le regard vide, a l’air d’un zombie. A 08h30, on nous emmène ENFIN à notre bus. Cette fois-ci c’est la bonne, nous sommes en route pour Kampot !

Infos pratiques
Bus Battambang-Phnom Penh : 5h30 pour 300 km
Bus Phnom Penh-Kampot : 5h pour 190 km
Coût pour les deux bus : 19 $/personne

Kampot, la capitale du poivre

Kampot est une ville paisible de 35 000 habitants, située près de la mer Méridionale au sud du Cambodge, mondialement réputée pour la qualité de son poivre.

La région de Kampot est également connue pour sa production de durian, un fruit exotique à l’écorce dure et hérissée de pointes. Sa chair jaune et gluante émet une odeur tellement forte (et… particulière) que dans certains pays d’Asie le transport du durian est interdit dans les lieux publics ! Pour rendre hommage à ce fruit très apprécié (des asiatiques, pas des touristes !), un des ronds-points a été aménagé autour d’un durian géant.

Apparemment le durian de Kampot est moins fort que ses cousins, mais nous n’aurons pas l’occasion de le goûter. William aime bien ce fruit, mais Claire a du mal à supporter son odeur de « fruit tourné moisi ».

Mais Kampot, est avant tout reconnu pour la qualité de son poivre !

Cultivé dès le 13ème siècle, le Poivre de Kampot est considéré comme étant l’un des meilleurs poivres au monde avec son parfum unique et son fort goût épicé, apprécié des chefs-cuisiniers.

Au début du 20ème siècle, le Cambodge exportait environ 8 000 tonnes de poivre par an. La quasi-totalité du poivre consommé en France, estimée à 2 600 tonnes en 1928, provenait alors d’Indochine.

Mais lorsque les khmers rouges étaient au pouvoir, la production du Poivre de Kampot a failli disparaître. Les cultivateurs ont été chassés de leurs terres et les plantations reconverties en rizières. Cependant, à la fin de la guerre civile en 1998, une poignée de cultivateurs ont relancé la production. Aujourd’hui, la production de ce poivre mythique reprend peu à peu son cours.

Il existe principalement quatre types de poivre :

  • poivre vert : saveur fruitée, presque sucrée, le poivre vert apporte fraîcheur et croquant aux plats
  • Poivre noir : arômes puissants, épicés et matures
  • Poivre rouge : épice rare qui développe un arôme fruité, combinant les saveurs du poivre noir avec une légère note de fruits des bois
  • Poivre blanc : développe un bouquet intense avec une note d’herbes fraîches et citronnées.

En réalité, ces quatre types de poivre proviennent d’une seule et unique plante : c’est une récolte à différents stades de maturité et des processus de transformation propres à chaque type de poivre qui permet d’obtenir des arômes aussi différents. C’est bluffant !

Le poivre vert est récolté avant maturité des grains. Il se consomme généralement frais. Le poivre noir est un poivre récolté vert puis séché au soleil.
Le poivre rouge est récolté mur, lorsque les grains ont viré du vert au rouge. Il est ensuite séché, de préférence à l’ombre pour qu’il garde sa couleur rouge.
Le poivre blanc s’obtient à partir du poivre rouge : on retire le péricarpe qui entoure la graine en plongeant les grains dans l’eau froide pendant plusieurs jours. Puis on sèche au soleil.

En 2017, la production mondiale annuelle de poivre s’est élevée à 525 000 tonnes, dont 40% produit par le Vietnam, le premier producteur de poivre, suivi de l’Indonésie puis de l’Inde. Le Cambodge se situe en 6ème position des pays producteurs de poivre.

Quant à la production du Poivre de Kampot, un produit de niche de haute qualité, elle était de seulement 80 tonnes en 2017. Petite production, mais pas des moindres : le Poivre de Kampot est l’un des rares produits agricoles hors Europe a avoir obtenu une Indication Géographique Protégée (IGP) en 2016. Une reconnaissance européenne pour un des meilleurs poivres du monde.

Visite d’une plantation de poivre

Nous louons un scooter à la journée pour partir visiter « La Plantation« .

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Nous arrivons vers midi sur les lieux, avec un petit creux à l’estomac. Ça tombe bien, ils ont des espaces restauration dont un proposant des spécialités locales au poivre. Mais c’est qu’elle commence bien cette visite… On s’est régalé ! (On en reparle dans la section « Nos bonnes adresses à Kampot » un peu plus loin dans l’article).

L’accueil des visiteurs se fait dans une ancienne Sala Chan, un réfectoire en bois pour moines qui a été entièrement démonté et remonté au cœur de la plantation de poivre.

La Plantation, c’est un projet d’agro-tourisme social lancé en 2013 par un couple franco-belge qui emploie 100 personnes à temps plein avec un pic à 150 personnes durant la période de récolte, et qui finance l’école du village avec 95 enfants.

La visite se fait en deux heures environ, et débute par une présentation du projet. Nous apprenons que la production de La Plantation en 2017 s’élève à 12 tonnes soit 15% de la production de Kampot (80 tonnes) !!

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Ensuite, place à la dégustation de poivre : c’est un festival d’épices ! Même si nous raffolons de la cuisine épicée, croquer des grains de poivre pur c’est carrément autre chose, surtout que le Poivre de Kampot est très puissant ! Si bien que nous finirons la dégustation la langue en feu et le palais totalement saturé. Mais nous avons pu ainsi goûter une dizaine de poivres de Kampot différents : vert, noir, rouge, blanc, entier, concassé, fumé, au grains de sel, poivre long grain (cf. plus loin)…

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Et enfin, nous terminons par une agréable visite de la plantation. Nous passons devant quelques ouvriers en train de trier à la main les grains de poivre ou racines de curcuma (une production secondaire de la plantation). D’autres personnes sont en train de prendre soin des cultures et nous en profitons pour admirer les autres productions présentes sur la ferme (papayes, fruits du dragon…).

On nous présente lors de cette visite le poivre long de Kampot, que nous avions pu découvrir lors de la dégustation. Très différent des autres poivres, le poivre long se présente sous forme d’un chaton constitué de milliers de minuscules grains de poivre. C’est un poivre très rare, récolté rouge (c’est-à-dire à pleine maturité) puis séché. On pourrait se méprendre avec des petits piments ! Il se consomme soit entier et découpé en lamelles, soit sous forme égrainée. On l’appelle alors « perles de caviar de poivre », car les grains de poivre ont la taille d’une graine de pavot. A la dégustation, le poivre long est surprenant : il donne une première impression de douceur en bouche, puis vient le piquant. Il développe de fortes notes de cannelle, safran, muscade et cardamone. Il est très intéressant à utiliser en cuisine pour donner du croquant et du pep’s aux plats. Des petites billes d’épices qui éclatent dans la bouche !

La boutique de La Plantation est intéressante: nous y découvrons le Poivre des Oiseaux. Les volatiles raffolent de la saveur parfumée des grains rouges bien mûrs, qui se retrouvent ensuite dans les fientes des oiseaux, prêts à être collectés à la main… C’est un peu la même chose que le café Luwak, récolté dans les excréments d’une civette. La production annuelle est de 15 kilos/an, ce qui en fait le poivre le plus rare au monde !

Infos pratiques
Location scooter 5$/jour sur Kampot. Environ 2$ d’essence à rajouter
Coût de la visite et de la dégustation : entièrement gratuite !!!

Visite d’un centre de transformation du poivre

À quelques kilomètres du centre-ville de Kampot se trouve Farmlink : un centre de transformation du poivre qui permet d’obtenir le produit final commercialisable. Farmlink sélectionne, collecte et raffine le poivre de près de 120 familles de producteurs depuis 2006.

Le séchage des graines se fait au soleil sur des filets surelevés pour les protéger des insectes et de la poussière durant 1 ou 2 jours, jusqu’à obtenir le taux d’humidité idéal. Le tri sélectif des meilleures graines se fait manuellement pour garantir la meilleure qualité.

Nous goûtons les Cookies au poivre rouge de Kampot et au chocolat. Miam !

Et nous repartirons avec un sachet de Perles de poivre long, ces petites perles blanches très épicées et avec une acidité citronné fraîche en bouche.

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Au final, le poivre à Farmlink est moins cher qu’à La Plantation mais nous avons appris plus de choses en visitant La Plantation.

La grotte-temple de Phnom Chhnork

À peine notre scooter garé devant la grotte, des enfants nous interpellent en proposant de nous guider à l’intérieur. La grotte-temple est minuscule (temps de visite environ 30 minutes) alors nous déclinons leur offre. Surtout que nous préférons voir ces enfants assis sur les bancs de l’école plutôt que de s’occuper des touristes.

Après nous être acquittés des frais d’entrée, nous entamons l’ascension des quelques 200 marches qui mènent à l’entrée de la grotte. Les enfants nous suivent, leur lampe torche à la main.

Le point de vue est superbe :

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Nous arrivons à un minuscule autel en brique, dédié à Shiva, logé sous une impressionnante stalactite.

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La chambre principale de la grotte est très belle. Il est a priori possible de redescendre en passant par la grotte, ce qui permet d’éviter de repasser par le même chemin qu’à l’aller. Mais on ne sait pas exactement par où passer…

Nous décidons de nous engouffrer dans un étroit passage au sol glissant et d’explorer les profondeurs de la grotte. Mais très vite, cela devient labyrinthique et nous rebroussons chemin de peur de nous perdre.

Bien sûr, les enfants nous attendaient avec leur lampe torche, et finalement nous acceptons leur offre.

Pour eux, c’est facile de se faufiler dans les tunnels étroits mais pour nous, il va falloir rentrer le ventre !

Au bout de trente minutes de spéléologie sans équipement, nous émergeons de la colline au niveau du plancher des vaches, près du guichet de vente des tickets !

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Infos pratiques :
Entrée de la cave :1$/personne
Parking 2000 riels par moto
Guide cave : on a donné 6000 riels pour les enfants

Nos bonnes adresses à Kampot

Le restaurant de La Plantation n’est pas donné, mais il est excellent !

Nom Krouk (crêpes de riz et noix de coco) au poivre vert frais : plat traditionnel Khmer à base de boules de farine de riz nappées d’une sauce coco et poisson fermenté, servi chaud avec de la salade, du concombre et de la menthe

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Bœuf Lok-Lak au poivre noir concassé, un classique mais en version poivre piquant

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Glace au poivre de Kampot, un goût subtil !

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Où nous avons logé à Kampot

Au Kampot Oasis, le patron anglais est d’une gentillesse absolue et très accueillant. Il nous a fait une petite réduction sur sa dernière chambre disponible qui avait eu quelques dégâts à cause d’un problème de climatisation. Aucun problème dans la chambre, à part un mur un peu abîmé que le patron n’a pas eu le temps de refaire. Ça nous allait très bien !

Il y a un espace commun à l’extérieur pour se poser dans les canapés confortables en sirotant une bière fraîche et discuter.

Un soir de fortes pluies, le patron nous a commandé des petits plats livrés à l’hôtel pour ne pas qu’on se mouille. C’est gentil !

Et en plus : les egg-muffins au bacon du petit-déjeuner sont délicieux !

Infos pratiques :

Kampot Oasis, chambre double avec sdb privée et climatisation pour 10$/nuit (réduction pour la chambre avec les dégâts sur le mur). wifi dans la zone commune à l’extérieur

Bilan de notre séjour à Kampot

On a bien aimé

  • Goûter au Poivre de Kampot
  • La visite très intéressante de La Plantation et son délicieux restaurant
  • Sympathiser avec le patron du Kampot Oasis où nous avons séjourné

On a moins aimé

  • La visite sans grand intérêt des bâtiments principaux de la ville de Kampot (l’ancienne maison du gouverneur, la prison de Kampot)
  • La visite de Farmlink qui manque un peu de pédagogie

On aurait aimé

  • Passer par Sihanoukville avant d’aller à Kampot, une ville balnéaire avec de jolies plages
  • Goûter le durian de Kampot (enfin… seulement pour William. Claire passe son tour sans hésiter !)

Notre prochaine destination est Kep, une minuscule ville en bord de mer située à une demi-heure seulement de Kampot, réputée pour son délicieux crabe bleu

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