(J+226) Laos – Vang Vieng, un paradis retrouvé

Il y a quelques années, Vang Vieng était malheureusement connue pour ses dérives : les touristes y venaient en nombre pour faire la fête au bord de la rivière Nam Song. Avec beaucoup d’excès. Mais depuis 2012, tout a changé : désormais, les touristes viennent à Vang Vieng pour profiter des beautés du paysage et des activités nature : tubing, kayak, vélo, exploration de grottes, escalade…

29 mars 2018

Il y a quelques années, Vang Vieng était malheureusement connue pour ses dérives : les touristes y venaient en nombre pour faire la fête au bord de la rivière Nam Song. Avec beaucoup d’excès. Mais depuis 2012, tout a changé : désormais, les touristes viennent à Vang Vieng pour profiter des beautés du paysage et des activités nature : tubing, kayak, vélo, exploration de grottes, escalade… Et c’est ce que nous aussi nous sommes venus chercher !

laos_map vang vieng

Après la visite des chutes de Kuang Si à Luang Prabang, nous prenons un bus en début d’après-midi pour Vang Vieng où nous prévoyons d’explorer la région.

 

Vang Vieng, ou comment tout a basculé

Nous ne savions pas trop à quoi nous attendre à Vang Vieng. Nous avions entendu à la fois des bons et des mauvais échos.

Il est vrai que cette ville souffre d’une mauvaise réputation. Vers la fin des années 2000, tout allait encore bien : Vang Vieng était une petite ville bucolique, où les voyageurs venaient explorer les grottes et profiter de la rivière en se laissant porter par le courant, tranquillement installés dans des chambres à air de tracteur (c’est ce qu’on appelle le « tubing« ). Entre deux activités, certains appréciaient le cadre tranquille, en fumant quelques joints de marijuana. Jusque là rien de bien méchant.

Puis, ce petit paradis a commencé à se faire connaître et est devenu une destination à la mode et les touristes un peu branchés ont commencé à arriver en masse. Et de là sont arrivées les dérives : teuf, alcool, drogues en tout genre… Ici on pouvait trouver toutes sortes de produits psycho-actifs : herbe, champignons hallucinogènes, cocktails d’opium, méthamphétamine… Une chose est sûre : les gens venaient ici pour faire la fête et non pour profiter de la nature ! Ce qui avait valu à la ville son surnom de « Amsterdam asiatique ».

Pour accueillir les touristes, les locaux ont rapidement construit hôtels et guesthouses. C’est sûr, cet afflux représentait pour eux une aubaine économique. Mais d’un autre côté ils étaient dépassés par la situation, sûrement sidérés de voir ces jeunes défoncés à tous les coins de rue. Il n’était alors pas rare de voir des gens torses-nus déambuler hagards dans la rue, et c’est d’autant plus choquant quand on connaît l’extrême pudeur des laotiens.

En 2009, des plateformes branchées ont commencé à fleurir le long du parcours de tubing. Les jeunes s’y arrêtaient boire quelques shots avant de repartir un peu plus tard. Autant vous dire que alcool, drogues et activités aquatiques ne font pas bon ménage ! A l’époque, l’hôpital était surmené : on dénombrait une dizaine d’accidents par jour ! Et malheureusement, il y a eu des morts : en 2012, plus de vingt touristes (majoritairement australiens) sont décédés suite à une crise cardiaque, noyés ou le cou brisé parce qu’ils n’avaient pas assez freiné sur la zipline…

En 2012, le gouvernement s’est rendu compte de la situation (surtout avec la pression du gouvernement australien) et a rapidement mis le hola : il a fait fermé les plateformes et les bars sans licence et instauré un couvre-feu. La situation est alors retombée comme un soufflé : plus de drogues, plus de fêtards.

Vang Vieng aujourd’hui

Qu’en est-il de Vang Vieng désormais ? Certains louent la variété des activités plein air, d’autres parlent d’une ville fantôme désertée par les touristes, tandis que d’autres pensent que la ville attire encore beaucoup trop de jeunes venant faire la fête.

Les avis sont très divergents, à chacun de se faire sa propre expérience. Ce que nous on a pu voir, c’est que la ville n’est pas morte. Il y a certes beaucoup de logements vacants mais le centre-ville est quand même animé. Il y a plusieurs restaurants et bars sympas où passer un bon moment.

On a en revanche constaté qu’il n’y a plus de couvre-feu et que les drogues ne sont pas totalement absentes de la ville… Certains bars ont des cartes spéciales proposant des space cakes, happy shakes ou mushroom pizzas (comme on en trouve dans d’autres villes touristiques en Asie, Vang Vieng n’est pas une exception). Il n’y a qu’à passer commande, c’est complètement fou ! Mais cela nous a paru plutôt soft : la plupart des gens viennent dans ces bars pour boire une bière, éventuellement fumer un joint et se détendre. Tout le monde semblait tenir debout, ouf ! Il y a bien quelques bars clubs pour faire la fête, mais nous n’y sommes pas rentrés. Dans la rue, quelques personnes habillées bizarrement (qu’on ne dise pas que c’est la mode) mais pas de comportement outrancier. Du moins, pas aux heures où on était debout…

De toutes façons, nous n’étions pas venus pour voir la ville mais bien pour visiter les environs, qui regorgent d’activités plein air.

J1 : découverte de la partie ouest de Vang Vieng

Nous louons des scooters pour la journée, accompagnés de Lydie, une française en vadrouille que nous avons rencontrée lors de notre traversée en bateau à Nong Khiaw et qu’on a retrouvée en cherchant un hôtel à Vang Vieng ! Le hasard fait bien les choses.

Nous avions repéré un petit parcours d’une trentaine de kilomètres pour visiter la campagne de Vang Vieng, ses grottes et ses fameux « blue lagoons » (entendez là « plans d’eau » plus ou moins aménagés). Ces lagons sont tellement une attraction pour les touristes qu’ils sont numérotés !

Nous décidons volontairement de sauter le « Blue lagoon n°1 », qui se trouve devant la grotte de Tham Phu Kam. En effet, ce lagon est le plus connu et par voie de conséquence celui qui attire le plus de monde !

Nous filons tout droit au village de Bam Nampoun, 15km à l’ouest de Vang Vieng, en passant par de jolis paysages verdoyants, découpés par les montagnes karstiques et les chemins de terre ocre.

Sur la route, nous tombons sur un panneau indiquant « Secret lagoon » que nous décidons de suivre. Nous arrivons dans une propriété privée. Après nous être acquittés des droits d’entrée, on nous emmène dans des caves qui se trouvent un peu plus loin derrière les champs. Rien de spectaculaire. Quelques petites grottes au pied de la montagne comme on en voit partout. Nous revenons au point de départ pour dire au fermier que nous voulions voir le « secret lagoon ». Il nous indique vaguement une direction. Après avoir tourné dans un sens puis dans l’autre, franchi des barrières, traversé des champs, demandé notre chemin à un gars qui ne parlait pas anglais, on se rend compte que la fameuse « blue lagoon » est en fait un plan d’au envasé derrière un rideau de végétation. Elle a peut-être été bleue un jour, mais là, elle semble plutôt abandonnée depuis quelques temps. En tous cas, elle est bien « secret », on aura bien galéré à la trouver !

Nous continuons notre chemin après ce bel échec. Nous arrivons à Ban Nampoun en début d’après-midi, où se trouve une grotte à visiter et la « blue lagoon n°3« . Nous décidons de commencer par le plus dur : à savoir la grotte. Lampe obligatoire car on se retrouve vite dans le noir absolu ! Il y a plusieurs salles à visiter en empruntant quelques échelles en bois, certaines recouvertes de champignons et moisissures. On a fait demi-tour avant la fin car on ne savait pas jusqu’où ça allait nous mener et qu’un des trois téléphones était tombé ne rade de batterie (donc plus de lumière !). Mais l’expérience spéléologie était amusante !

En sortant, on est allé voir un point de vue situé à flan de falaise en hauteur. Pour y accéder, on doit passer par des échelles en bambou. Au départ ça fait un peu peur, mais ces échelles sont plutôt solides.

Cette petite grimpette nous ayant bien donné chaud, on redescend enthousiastes à l’idée de faire trempette dans la lagune. Le site est plutôt calme et invite à venir faire une pause au bord de l’eau : tables et parasols, buvette, bouées de tubing pour rêvasser dans l’eau… Il y a même deux tyroliennes au dessus du plan d’eau que Claire et William s’amuseront à prendre. Tarzan la banane !!

Nous passons un bon moment dans cette lagune et nous reprenons la route un peu tardivement. Sur le chemin du retour, nous voulions faire un arrêt au Phangern Silver Cliff, qui offre a priori un joli point de vue. Nous arrivons un peu tard, vers 17h, et les deux femmes à l’entrée nous disent qu’on n’a plus le temps de monter car il va bientôt faire nuit. Mais si on se dépêche, c’est possible ? Oui ? Allez go ! On franchira au pas de course les 250 mètres de dénivelé pour 650 mètres de distance qui nous séparent du sommet. On arrive au point de vue essouflés, fatigués, mais on l’a fait !! Une petite pause, un peu d’eau, quelques photos clic-clac, et on repart. La nuit tombe et on y voit de moins en moins en descendant.

Anecdote : on a bien rigolé devant le panneau déconseillant aux personnes « pesant plus de 70 kg » de faire l’ascension. Mazette, dur pour la gente masculine !

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Nous rentrons à Vang Vieng vers 19h30. Le temps de prendre une petite douche et nous retrouvons Lydie pour un super hot-pot à la coréenne au restaurant Peeping Som’s : de fines tranches de viande grillent sur une plaque bombée pendant que les légumes et les vermicelles de riz cuisent dans un petit bouillon. On mélange le tout dans un petit bol avec un peu de sauce. Mmmmmh…

J2 : tubing dans la Water Cave

Nous serons que tous les deux pour cette journée, car Lydie a continué sa route vers Luang Prabang.

Nous avons prévu de filer plein nord vers la ville de Nadao, à 15km de Vang Vieng. De nouveau, nous sommes rapidement en pleine campagne :

Plusieurs caves se trouvent sur la rive droite de la rivière Nam Song, mais celle qui nous intéresse c’est la « Water cave » appelée également Tham Nam. Pour y accéder, il faut d’abord aller jusqu’à Nadao, puis prendre un chemin qui part sur la gauche, garer sa moto sur le parking (5000 kip) et traverser la rivière en empruntant le pont (5000 kip/personne). De là, suivre les panneaux menant à la cave.

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Les traductions en anglais sont parfois amusantes : « Please don’t walk big inbridge ».

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La Water cave est une grotte un peu spéciale. Comme son nom l’indique, cette grotte est remplie d’eau et le seul moyen de la visiter est en tubing ! C’est donc les fesses dans l’eau et une lampe sur le front que nous partons à la découverte de cette surprenante cave.

Malin comme on est, on laissera passer le groupe TRÈS bruyant de coréens pour se retrouver un peu dans le calme. On avance dans la grotte qui est un long tunnel en se tractant le long d’une corde attachée à la roche. L’eau est assez fraîche mais on finit par s’y habituer. Certains passages doivent se faire à pied par manque d’eau. Contrairement aux autres groupes qui ont fait demi-tour avant, nous avons suivi le parcours jusqu’au bout et même un peu plus : à un moment la corde s’arrête mais le tunnel continue. On est toujours tenté d’aller voir un peu plus loin… Se retrouver dans le noir complet et dans le silence quasi absolu au fond de cette grotte est une expérience assez impressionnante. On n’entend que les mouvements de nos bras et jambes dans l’eau et le « plic ploc » des gouttes qui tombent de la roche.

On ressort 1h plus tard. Ça fait du bien de ressentir la chaleur du soleil sur la peau !

Nous continuons ensuite notre escapade : nous passons devant la grotte Tham Hoi (ou Snail cave) pour nous rendre à une lagune a priori nouvellement aménagée (et non numérotée !). En arrivant, le site est des plus calmes. Quelques touristes sont là mais ne tardent pas à partir. Nous nous retrouvons bientôt seuls à profiter de la lagune ! Le plan d’eau est aménagé sans excès, le cadre reste naturel : une plateforme flottante en bois, une tyrolienne, quelques kayaks… Nous passons le reste de l’après-midi dans cette superbe lagune à se baigner et à profiter des différents aménagements. On est quand même pas mal dans ce petit paradis…

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Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés dans un petit temple coloré à l’entrée de Vang Vieng : Wat That.

Après un bonne douche, nous sommes partis dîner à Happy Mango. Leur carte est bien fournie avec plusieurs « best sellers » et « recommandations du chef ». On a adoré le canard croustillant inspiré du plat chinois le canard pékinois et le mango sticky rice en dessert.

Infos pratiques :

Bus Luang Prabang – Vang Vieng : 110 000 kip/personne soit 11€ pour 4h30 de trajet

Logement chez Vang Vieng guesthouse pour 90 000 kip/nuit (soit 9€) pour une chambre avec salle de bain privée. Ce logement très calme aura sans nul doute joué dans notre appréciation de la ville. Nous avons rencontré une fille qui logeait en dortoir dans une auberge backpacker qui n’a pas du tout eu la même qualité de sommeil avec des colocataires venus pour faire la fête.

Pour les excursions :

Location moto : 45 000 kip/jour

Entrée Bee cave : 10 000 kip/p

Entrée Pha Boun cave : 10 000 kip/p

Point de vue Silver cliff : 10 000 kip/p

Parking pour les caves vers Nadao : 5000 kip/moto

Passage du pont : 5000 kip/p

Water cave : 15 000 kip/p

Blue springs : 5000 kip/p

 

Bilan ?

Nous avons été contents de suivre notre instinct et de ne pas zapper Vang Vieng. Cette ville a tout pour redorer sa réputation ! Il y a énormément à faire pour qui aime l’aventure et les activités de pleine nature.

On a adoré partir à l’aventure explorer grottes et lagunes. La dernière lagune où nous étions seuls était vraiment top !!

Prochaine étape : Ventiane, la capitale du Laos

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