(J+133) Nouvelle-Zélande – Oamaru, Dunedin et la Péninsule Otago

Oamaru est dotée d’un vieux quartier (Victoria Precinct et Harbour Street), avec des magasins à l’ancienne et des maisons de l’époque victorienne. Déserté, on a l’impression de déambuler dans une ville à l’apogée de la révolution industrielle britannique où le temps se serait arrêté, ce qui donne un charme désuet.

26 décembre 2017

Le 25 décembre après-midi, nous reprenons la route après nous être remis du réveillon de Noël. Après notre passage au Mont-Cook, nous repassons (encore) par Twizel pour rejoindre la côte Est de la Nouvelle-Zélande en empruntant la SH83. Nous avons prévu de visiter la ville balnéaire d’Oamaru, puis Dunedin et la péninsule Otago.

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Oaramu, ville balnéaire dans le style victorien et steam-punk

Nous arrivons à Oamaru, petite ville côtière paisible de 14 000 habitants, et en ce jour férié de Noël, tout est fermé et la ville a des airs de ville-fantôme.

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Mais ça n’est pas plus mal car Oamaru est dotée d’un vieux quartier (Victoria Precinct et Harbour Street), avec des magasins à l’ancienne et des maisons de l’époque victorienne. Déserté, on a l’impression de déambuler dans une ville à l’apogée de la révolution industrielle britannique où le temps se serait arrêté, ce qui donne un charme désuet.

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Nous aurions bien voulu visiter le musée de Steampunk de Oamaru, pour en apprendre un peu plus sur ce genre de science-fiction découlant de la Révolution Industrielle, avec son lot de machines à vapeur pleines d’engrenages apparents rouillés et qui n’est pas sans rappeler les œuvres de Jules Verne. Malheureusement ce musée était fermé – Noël oblige… Mais nous avons pu admirer l’extérieur du musée avec une poignée de machines activables avec une pièce de 2$.

Nous nous sommes baladés le long de la côte jusqu’à la colonie des manchots pygmées de la ville, appelés « Blue penguins » en anglais. En effet, en français, on fait la distinction entre les manchots qui vivent dans l’hémisphère sud et qui ne peuvent pas voler, et leurs cousins les pingouins qui vivent dans l’hémisphère nord et qui peuvent voler ! Les manchots pygmées sont la plus petite espèce de manchot au monde (ils font jusqu’à 25cm pour un poids de 1 kg) et ont un plumage bleu, ce qui leur vaut le sobriquet de « petit manchot bleu ». La couleur bleue de leur pelage leur offre un camouflage efficace contre les prédateurs (léopards de mer, lions de mer et requins) : vus de dessus, leur dos bleu se confond avec l’eau et la couleur bleutée des fonds marins et vus de dessous, leur ventre blanc s’amalgame avec les effets de lumière en surface.

En début d’après-midi le site est ouvert au public car les manchots ne rentrent qu’au coucher du soleil nourrir leurs rejetons. Durant la journée, ils chassent en mer. Pas de manchots donc mais une multitude de petites maisonnettes en bois et cachées derrière… des barrières !

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Cette colonie de manchots bleus très artificielle ne nous a pas emballée, surtout que le prix pour voir rentrer les manchots le soir n’est pas donné (de 30 à 45 $NZ en fonction de la place réservée) et que le spectacle s’observe depuis des gradins. Payer pour regarder comme au cirque des manchots parqués dans des niches artificielles, non merci ! On essayera de les voir par nous même dans leur environnement naturel !

La raison de la création de ces habitats artificiels est que le pays essaie de faciliter la nidification de ces animaux, qui ont de moins en moins d’espace pour construire leurs nids dans leur milieu naturel.

Par contre, on a pu observer sur la jetée plusieurs otaries à fourrure de Nouvelle-Zélande (fur seals en anglais) se prélassant sur les rochers. Les otaries à fourrure sont un peu plus petits que les lions de mer (sea lions), avec une frimousse plus pointue et de longues moustaches qui n’est pas sans rappeler celle des souris. Au 19e siècle, les otaries à fourrure ont frisé l’extinction en Nouvelle-Zélande en raison de la chasse pour leur fourrure. Mais depuis l’interdiction de la chasse en 1894, tout va mieux, les populations sont en train de se refaire une santé !

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Généralement, les otaries chassent la nuit (poulpes, calamars, poissons…) et se reposent la journée. Ce sont de super nageuses qui peuvent aller jusqu’à 200 mètres de profondeur et rester en apnée pendant 10 minutes !

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Il existe également à Oamaru une colonie de manchots antipodes ou manchots à l’œil jaune (yellow-eyed penguin), l’une des plus rares espèces de manchots au monde qui vit exclusivement dans le sud de la Nouvelle-Zélande. Il est aujourd’hui classé comme « espèce menacée » en raison de la destruction des forêts où nichent le manchot et la prédation par des espèces introduites en Nouvelle-Zélande (chiens, chats, furets, hermines).

Les manchots vont chercher de la nourriture en mer durant la journée. A la tombée du jour, ils rentrent nourrir leurs poussins, mais avant de remonter sur la plage, ils vérifient si l’accès est libre. S’ils voient ou entendent une présence étrangère, ils ne sortiront pas de l’eau, quitte à affamer leur progéniture…

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Pour des raisons de préservation de l’espèce, la plage est fermée à partir de 15h, afin de laisser ces petites bêtes tranquilles, mais il est possible d’essayer de les observer depuis les belvédères en bout de plage. Si jamais on croise un manchot, il est nécessaire de s’accroupir et de rester à plus de 200 mètres de distance. Mieux vaut avoir des jumelles ou un bon zoom !

La route côtière entre Oamaru et Dunedin

Sur la route en allant vers Dunedin, nous nous arrêtons sur un site au bord de la plage appelé « Moeraki Boulders« .

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C’est très étrange de voir ces immenses boules rondes de plusieurs tonnes concentrées uniquement sur quelques dizaines de mètres, et la vue sur la mer et les effets de perspectives sont superbes.

Les mystérieuses Moeraki Boulders seraient en réalité d’énormes dépôts de calcite enveloppant un noyau de boue fossile, dont la forme ronde aurait été sculptée sous l’action de l’eau et du sable durant 55 millions d’années !

Par contre, le lieu est très fréquenté et il est difficile de trouver une fenêtre de tir avec l’appareil photo pour éviter d’avoir des inconnus sur les photos.

Plus loin, de courtes balades sur des pointes sur la côte (Katiki Point Lighthouse et Shag Point) nous offrent de jolies vues sur la mer et nous pouvons y observer les énormes algues qui flottent au gré des vagues et quelques otaries qui se prélassent sur la plage ou dans les rochers. Ce jour-là nous avons été chanceux puisqu’on a également pu voir (de loin) deux manchots à l’œil jaune !

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Nous nous arrêtons ensuite à Karitane, un joli petit village aux allures de Bretagne, avec ses bateaux penchés sur la quille à marée basse. Les mouettes piaillent au dessus de nos têtes. On décide de partir faire une petite balade d’une heure pour faire la boucle de l’Huriwa historic reserve, malgré le temps couvert et la pluie qu’on ne sent pas loin. La balade est jolie et nous offre de beaux points de vue sur la mer. On sent quelques gouttes nous tomber sur la tête, mais finalement l’orage passera son chemin. La fin de la balade nous emmène sur une grande plage de sable blanc.

Dunedin, la ville écossaise

Dunedin est la septième ville de Nouvelle-Zélande. Fondée en 1848 par des colons venus d’Écosse, elle en garde aujourd’hui un fort héritage écossais. Le nom de la ville est en fait dérivé du nom de la capitale d’Écosse, Edinburgh, en gaélique : Dun Eideann.

La ville foisonne d’étudiants provenant notamment de l’Université d’Otago (20 000 étudiants pour 120 000 habitants !), la plus vieille école de Nouvelle-Zélande et la deuxième université de l’île sud après Christchurch.

Nous ne visitons pas Dunedin, mais nous allons tout de même voir la « Baldwin street« , la rue réputée pour être la plus pentue au monde. Avec 161 mètres de long, la rue grimpe de 47 mètres, ce qui donne une pente moyenne de 30 %. Mais la partie la plus pentue de la rue atteint 35 % !

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Et effectivement, on se sent un peu déséquilibré quand on l’emprunte… Pour rendre l’expérience encore plus amusante, une grosse averse s’abat sur nous alors que nous étions à la moitié de la montée. L’eau se précipite en bas de la rue, dévalant la pente comme un torrent.

Nous sommes également tombés un peu par hasard sur la magnifique ancienne gare routière de style Edwardien, aujourd’hui rénovée. Construite en 1903 et 1906, elle est constituée de calcaire d’Oamaru, de pierre bleue de l’Otago et de marbre d’Aberdeen.

La péninsule Otago et sa faune marine

Nous sommes partis au matin à la découverte de la péninsule Otago, connue pour sa richesse en faune marine.

Nous nous sommes d’abord rendus au « Larnach’s Castle« , l’unique château de Nouvelle-Zélande, mais nous avons été un peu rebutés par les prix d’entrée (15 $NZ pour visiter les jardins et 31 $NZ pour la visite complète avec le château), sans être sûrs que ça vaille le coup. Qu’à cela ne tienne : on s’éloigne un peu et on envoie en mission repérage le drone de William ! Pratique la bestiole ! Verdict : bof, le château nous a paru tout gris et tout carré, ce qui lui vaudra le sobriquet de « Larnach le Château de l’arnaque ».

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Nous nous rendons ensuite à « Sandfly bay« , une jolie plage sauvage que nous avons longée. Nous y avons trouvé d’énormes lions de mer qui trainaient leur masse imposante sur le sable que le vent a sculpté en forme de vagues ondulées (d’où le nom « Sandfly » de la baie !). Les lions de mer de Nouvelle-Zélande sont beaucoup plus gros que les otaries à fourrure : un mâle mature peut atteindre 300 kg alors que son homologue otarie ne fera que 160 kg. Comme les otaries, les lions de mer chassent la nuit en mer et se reposent durant la journée pour récupérer de leur épuisantes chasses sous-marines et emmagasiner l’énergie de leur nourriture sous forme de couches de graisse isolante. Malgré leur air nonchalant et pataud, il ne faut pas s’approcher à moins de 10 mètres car ces derniers peuvent charger et attaquer s’ils se sentent oppressés. On en aura pourtant vu qui se prenaient en selfie avec un lion de mer en arrière plan, à quelques mètres de distance…

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Tout au nord de la péninsule d’Otago se trouve la « Taiaroa Albatross Colony« , la plus grande colonie terrestre d’albatros royal au monde ! L’albatros royal du Nord est un gigantesque oiseau marin noir et blanc de 3 mètres d’envergure. Il se reproduit en Nouvelle Zélande, sur l’Ile du Sud, dans la Péninsule d’Otago, et aux Iles Chatham (Forty-Fours, Big and Little Sister Islands) puis migre en hiver en Amérique du Sud.

L’albatros royal a une population peu dynamique, car les couples sont monogames (love for ever !), les oiseaux ne se reproduisent qu’à partir de 9-10 ans et ne pondent qu’un œuf tous les deux ans !

A cette période de l’année, les couples s’occupent de leur poussins. Pour les approcher, il faut passer par les visites guidées organisées par le Centre, mais encore une fois, nous trouvons les tarifs démesurés et décidons de passer notre chemin (50 $NZ pour voir les albatros et 35 $NZ pour voir les manchots bleus). Nous profitons tout de même du petit musée gratuit qui nous explique le mode de vie des espèces locales : albatros mais aussi manchots et otaries. On y apprend que les albatros sont malheureusement victimes à grande échelle de la pêche en mer : plus de 10 000 albatros meurent chaque année accidentellement lors de la pêche au chalut ou à la palangre. Mais des mesures simples peuvent être prises pour éviter le carnage. Une coopération internationale et la sensibilisation des pêcheurs sont aujourd’hui nécessaires pour éviter l’extinction des albatros.

Nous avons également profité du point de vue sur la petite plage à côté du centre pour regarder tourner autour de nos têtes des centaines de mouettes. Nous découvrons par ailleurs, quelle belle surprise, un manchot pygmée bleu caché sous les escaliers menant à la plage ! Effectivement, il est minuscule…

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Nous avons fait une dernière excursion sur la péninsule Otago pour aller voir « Victory beach« , similaire à celle de « Sandfly bay » les lions de mer en moins. Mais la balade pour y accéder (une bonne heure) n’était pas très terrible car on passait par un bush épais sans grand intérêt.

Où dormir sur la route ?

Entre Oamaru et Dunedin, nous avons passé une première nuit au camping payant Herbert Forest Camping Ground, très tranquille, sur emplacement avec électricité mais sans wifi à 15 $NZ/personne, à côté des moutons et de dindons. Nous avons apprécié la douche bien chaude avec un fort débit ! A Dunedin, nous avons passé la nuit sur une aire de stationnement gratuite dans le centre-ville de Dunedin, réservée aux véhicules self-contained.

Notre itinéraire pour Oamaru, Dunedin et la péninsule Otago

Bilan ?

De manière générale, nous avons été refroidis par le prix des activités de la région, que ce soit à Oamaru ou à Otago. Nous avons préféré nous balader tranquillement et profiter de la côte sauvage. Par contre, nous avons été séduits par la jolie balade de Karitane et la belle plage de Sandfly baie, où nous nous sommes régalés à observer les lions de mer. Nous nous estimons chanceux car malgré tout, nous avons pu observer les deux espèces de manchots, des otaries, des lions de mer et de nombreux oiseaux !

Nous avons également été impressionné par l’incroyable site Moeraki Boulders, malgré le fait qu’il soit un peu gâché par de trop nombreux touristes.

Prochaine étape: nous explorerons l’extrême sud de la Nouvelle-Zélande via les Catlins

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