(J+49) Bolivie – Potosí et sa mine d’argent

Potosí, perchée à 4070m d’altitude, est une ville de 170 000 habitants située au pied du Cerro Rico (la « Montagne Riche ») qui domine majestueusement la ville du haut de ses 4824m.

Nous arrivons de nuit à Potosí et la silhouette immense du Cerro Rico se détache dans l’obscurité, avec ses lumières artificielles à flanc de montagne.

À partir de Tupiza, nous prenons le bus qui nous mènera trois heures plus tard à Potosí : une cité minière autrefois l’une des plus riches villes de Bolivie, mais frisant aujourd’hui la crise sociale, en raison des conditions de travail très difficiles des mineurs et du manque de débouchés dans la région.

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Potosí, perchée à 4070m d’altitude, est une ville de 170 000 habitants située au pied du Cerro Rico (la « Montagne Riche ») qui domine majestueusement la ville du haut de ses 4824m.

Nous arrivons de nuit à Potosí et la silhouette immense du Cerro Rico se détache dans l’obscurité, avec ses lumières artificielles à flanc de montagne.

1/ Potosí

« Potosí » vient du Quechua « Potojsi » qui signifie « tonnerre ».

La ville est jolie, avec ses bâtiments illuminés la nuit. On apprécie flâner autour de la place centrale, vivante et pleine de monde.

De jour, les innombrables bus crachent leurs épaisses fumées asphyxiantes en passant à côté de nous, leurs pots d’échappements à hauteur d’homme. Aux heures de pointe, les rues étroites de la ville regorgent de bus et il nous est difficile de respirer !

On aurait aimé visiter la Casa de la Moneda, un musée localisé dans le plus grand bâtiment colonial construit par les Espagnols sur le continent et retraçant l’histoire de Potosí et son époque prospère où la ville frappait la monnaie et enrichissait le royaume d’Espagne !

2/ La visite de la mine d’argent de Potosí

Nous avons longuement hésité à visiter la mine, par peur de tomber dans le voyeurisme malsain sur les difficiles conditions de travail et de vie des mineurs. Mais d’un autre côté il nous semblait important de ne pas fermer les yeux sur la réalité et prendre conscience que Germinal existe encore à notre époque.

Nous avons fait tout de même le tour de quelques agences de la ville, et quitte à visiter cette mine, nous souhaitions si possible un tourisme « responsable et social ». Nous trouvons ce que nous recherchions avec l’agence GreenGo Tours, tenu par Julio, un ancien mineur de 52 ans à qui on ne peut pas enlever le fait qu’il soit haut en couleurs : c’est un sacré personnage !

À peine passé le pas de la porte de son agence, le ton est donné : Julio est assis au fond de son fauteuil, les bras croisés, dans une pièce mal éclairée où peine à percer la lumière du jour. On ne le voit pas bien dans la pénombre, mais on devine aisément les rides qui marquent son visage renfermé, pas souriant et peu propice à la discussion. Il porte ce matin-là sur son visage un masque de chirurgien blanc. Nous lui lançons joyeusement un « Holà! »en franchissant le palier… Pas de réponse… Silence pesant…

Le personnage n’est pas très loquace… Et on voit qu’il n’a clairement pas envie de faire ami-ami avec nous.

Avec difficulté, nous amorçons la discussion avec cet ancien mineur. Les cartes sont posées sur la table dès les premières minutes : « la mine, ce n’est pas un zoo. Des gens y travaillent, y meurent… Si vous voulez venir vous prendre en selfie, passez votre chemin… La mine, c’est dur, c’est difficile. »

William, intéressé par les avis positifs sur son agence qui indique un « tourisme responsable », l’interroge sur le sujet. Julio n’a pas le cœur à la discussion, et ouvre en silence l’un des tiroirs de son bureau pour en sortir des liasses de reçus : c’est l’argent qu’il reverse à sa coopérative de mineurs.

Il nous montre également les papiers administratifs qui atteste de la création de son association qui aide à l’éducation des enfants de mineurs. Sur le mur, nous voyons des cartes postales en vente et dont le bénéfice est intégralement reversé pour l’achat de matériel scolaire pour ces mêmes enfants.

« Vous demandez si mon activité est responsable, mais j’en ai trop vu moi des touristes qui venaient me voir pour avoir des informations sur la mine, et qui après partaient avec l’agence la moins chère. Alors moi aussi j’ai une question pour vous : Que cherchez-vous ? Êtes-vous des touristes responsables vous-mêmes ? »

Comparé à d’autres agences, moins axées sur l’aide sociale et le respect des mineurs lors des visites, GreenGo Tours tape dans le mille par rapport à la manière dont nous voulions visiter la mine de Potosí : c’est décidé nous partirons avec Julio même si le bonhomme est exécrable.

La mine, c’est l’histoire de la ville. Historiquement, les Espagnols ont commencé à exploiter la mine au 16e siècle. Durant cinq siècles, cette mine – la plus importante de la planète – a été littéralement vidée de ses ressources en argent. Depuis, l’état et les investisseurs publics et privés se sont désengagés de l’exploitation de la mine, laissant les mineurs livrés à eux-mêmes.

Il faut dire que Potosí n’est pas une zone propice au travail : à 4000 m d’altitude il n’y a presque pas d’agriculture, d’élevage, de fermes… Il n’y a pas beaucoup d’autres débouchés professionnels pour les personnes qui n’ont pas fait d’études. Alors comme dit Julio « C‘est facile de trouver du travail dans la mine : tout le monde peut y entrer. Mais c’est difficile d’y travailler. »

Alors les mineurs, laissés quasiment à l’abandon par les investisseurs extérieurs, sans autre possibilité de travail, se sont résignés à continuer à travailler dans cette mine sur le déclin, pour en tirer de maigres ressources minières et ainsi survivre. Pour cela, ils se sont regroupés en Coopératives, des groupes de travail tenus et gérés par les mineurs eux-mêmes. On recense aujourd’hui environ 15000 mineurs, regroupés sous 39 coopératives différentes. Celle de Julio compte environ 250 membres et existe depuis maintenant 88 ans.

Nous nous équipons pour pouvoir entrer dans les entrailles de la terre : bottes étanches, sac à dos en toile, sur-chemise et sur-pantalon, casque de spéléologie et lampe frontale.

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C’est parti pour un briefing. Julio pose les bases « Le leader, c’est moi. L’homme, c’est moi… Je suis un peu fou dans ma tête, un peu brut, mais il va falloir m’écouter attentivement. Si je vous dis d’avancer : vous avancez. Si je vous dis de vous arrêter, vous vous arrêtez. Si je vous dis de courir, vous courrez… Si vous vous sentez mal dans la mine, vous me le dites et je vous fait sortir.  »

Pas très rassurant tout ça ! Et la manière de parler de Julio est extrêmement directive, sèche et sans ménagements.

« Tout le monde a ses défauts. Vous n’êtes pas parfaits, moi non plus. Votre rôle pendant ces prochaines heures : c’est de regarder et de m’écouter, c’est tout. Si vous bavardez ça va m’énerver. Si vous voulez que ça se passe bien et que j’ai une attitude parfaite, soyez parfaits avant moi, ça sera plus facile pour tout le monde. »

Bon, bon, bon…

Suite à ce briefing, qui frise l’aversion pour les touristes étrangers, direction les différents marchés situés à proximité de la mine, pour acheter des cadeaux aux mineurs comme le veut la tradition : des feuilles de cocas, des bouteilles de jus d’orange, et même de la dynamite !

Oui, aussi étrange que cela puisse paraître, la coopérative ne fournit pas la dynamite qui sert à agrandir les tunnels et continuer l’excavation plus profondément dans la mine. Ce sont les mineurs qui doivent se la procurer par leur propres moyens ! Ou se la faire offrir par les touristes.

Dans la mine, pas de système d’eau potable, pas de restaurants, pas de toilettes. Pour manger et boire, les mineurs doivent ressortir à l’air libre. C’est une perte de temps, et donc d’argent, d’où l’intérêt de leur offrir des bouteilles de jus d’orange et des feuilles de coca, afin qu’ils puissent travailler dans la mine sans interruption.

Le salaire des mineurs est directement lié a la performance de leur équipe (entre 5 à 12 mineurs par équipe) : les mois où ils ne trouvent rien, que de la roche, le salaire ne tombe pas. C’est rude !!!

Quant aux feuilles de coca, les mineurs en mâchent sans relâche, en prenant de temps en temps du bicarbonate de soude ou autre catalyseur pour faciliter l’extraction des molécules actives. Avant de commencer leur dur labeur, les mineurs commencent par mettre en bouche les feuilles une par une, jusqu’à former une boule de plusieurs centimètres de diamètre, qu’ils coincent dans une joue et gardent pendant plusieurs heures durant – ils semblent tous avoir une rage de dents ! Mais l’intérêt est multiple et non négligeable : cela permet d’inhiber la sensation de faim (ils peuvent ainsi travailler dix heures sans manger), cela permet de les maintenir éveillés et leur donne de l’énergie, mais également (et c’est plus surprenant), cet amas de feuilles fonctionne comme un filtre à particules, leur permettant de réduire la quantité de poussières qui finit dans leurs poumons ! Et Julio mâchera effectivement sa coca et agrandira sa boule en bouche tout le long des trois heures que nous passerons dans la mine !

Il est temps pour nous, en tenue de combat, le sac plein de cadeaux pour les mineurs, de pénétrer dans la mine. Chaque coopérative possède sa propre entrée unique dans les entrailles de la montagne et le terrain est farouchement gardé ! C’est comme une fourmilière : toute fourmi étrangère au réseau de tunnels creusés par une coopérative sera chassée sans autre forme de procès.

Nous nous dirigeons donc vers l’entrée de la mine : il n’y a qu’une seule entrée (et donc sortie) pour accéder au réseau de tunnels de la coopérative. C’est sur ce même chemin que se déplacent sur rail les chariots qui transportent les minerais collectés : chariots vides à l’aller et chariots remplis au retour. Et oui, nous allons longer à pied ce chemin de fer étroit qui s’enfonce sous la montagne.

À l’entrée, Julio s’arrête pour discuter joyeusement avec un groupe de mineurs de sa coopérative : tous commencent déjà à accumuler lentement mais sûrement les feuilles de coca dans leur bouche. L’ambiance est sympa, nous serrons la main aux mineurs, on discute et on rigole. C’est un environnement exclusivement masculin, et les blagues graveleuses sont de rigueur ! Mais Julio nous avertit « Dehors on chahute, on fait des blagues. Mais une fois à l’intérieur de la mine, vous verrez, c’est un autre monde : plus personne ne parle, on ne rigole plus, on est sérieux. »

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Justement, il est temps de commencer les choses sérieuses, nous nous engouffrons dans la montagne en suivant le rail des chariots.

Les premières minutes sont impressionnantes. Julio nous avait prévenu : « sans lumière, vous êtes aveugles« . Et il avait raison. Il n’y a pas de réseau d’électricité dans la mine, et l’obscurité est rapidement totale. Nous devons nous baisser pour avancer, le dos courbé dans des tunnels parfois hauts d’à peine 80cm. Une inattention et on se cogne la tête contre la paroi ou sur des tuyaux. Heureusement qu’on a des casques ! D’après Julio : « les tunnels ne sont pas hauts, ni larges, ni beaux… Ici, le temps c’est de l’argent, alors on fait des tunnels petits mais solides« .

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On suit les rails, c’est humide et sombre, la lumière de nos lampes frontales n’éclaire pas grand chose. Mais l’allure de Julio est difficile à tenir, il trotte plus qu’il ne marche et rapidement nous nous essoufflons. Il n’y a pas non plus de système de ventilation de l’air, ce serait trop facile sinon… Julio nous explique que l’air qui circule dans les tuyaux sert uniquement à faire fonctionner le marteau-piqueur nécessaire pour faire les trous avant d’enfoncer la dynamite.

Soudain, les tuyaux métalliques à côté de nous résonnent de plusieurs cliquetis successifs et réguliers – comme si quelqu’un frappait les tuyaux avec un outil métallique : Julio crie « Stop ! »

Un chariot vide, tiré par deux mineurs, arrive à vive allure derrière nous. Un tel chariot pèse à vide presque 100 kgs, et presque une tonne une fois chargé en minerai ! Il ne faut surtout pas arrêter les mineurs dans leur lancée, alors nous nous réfugions rapidement dans des alcôves creusés par les miniers pour laisser passer le chariot. Apparemment ces alcôves auraient été creusées expressément pour permettre la visite des touristes dans la mine !

Les mineurs cognent sur les tuyaux métalliques pour communiquer dans le réseau de tunnels : pour signaler leur arrivée, pour signaler une explosion de dynamite imminente, etc.

Le chariot nous dépasse et disparaît dans le noir, et Julio lance « Vamos ! Vamos ! »

À peine le temps de réaliser que nous devons déjà repartir, Julio est déjà loin devant nous et la lumière de sa lampe frontale s’évanouit rapidement dans les profondeurs du tunnel.

Heureusement, nous marquons de nombreuses pauses, où nous distribuons aux mineurs qui passent des feuilles de coca et des bouteilles de jus orange, et Julio nous explique : « Personne ne travaille au sommet de la montagne, c’est trop dangereux, le sommet s’affaisse… Ici, à la base, c’est plus sécurisé ». Cela n’empêche que le tunnel principal où nous nous situons est consolidé avec de grosses poutres de bois qui sont régulièrement changées.

Dans ce tunnel principal, personne ne travaille : pas de forage, pas de dynamitage. Son seul intérêt est de permettre un semblant de circulation d’air pour les tunnels secondaires et le passage des chariots vides/pleins. Et bien évidemment c’est la seule porte de sortie vers le monde extérieur.

Nous reprenons notre course, l’échine courbée, haletant et le cœur qui bat la chamade dans notre cage thoracique. Plus nous nous enfonçons dans la montagne, et plus l’air se charge en poussière – le faible faisceau lumineux de nos lampes révèle les matières volatiles et la faible circulation de l’air fait grimper le thermomètre : il peut faire 30ºC voire 40°C au plus profond de la mine, là où creusent encore et encore les mineurs à la recherche d’un nouveau filon!

Encore une halte.

Julio aborde une tonne de sujets différents : de la politique du pays, de la religion, de l’importance de la famille pour les mineurs… La principale raison pour laquelle ils travaillent aussi dur est pour donner une meilleur vie à leurs enfants, et tous espèrent secrètement que leurs propres enfants ne suivront pas la même voie qu’eux.

Nous apprenons que le matin, l’air est beaucoup plus respirable que l’après-midi. Les mineurs commencent à travailler « à la fraîche », vers 2-3h du matin quand les tunnels sont bien aérés, et terminent généralement en début d’après-midi. Lorsqu’ils travaillent, les explosions de dynamite soulèvent de la poussière, qui remontent progressivement vers la surface et obstruent les tunnels. Il peut y avoir jusqu’à 40 explosions de dynamite par demi-journée !

Julio nous explique que chaque coopérative a son réseau de tunnels. Il n’y a pas de partage. Des fois, il arrive qu’à force de creuser, une connexion se fasse entre deux réseaux de coopératives. Alors là, c’est la bataille, à coup de dynamite !! Pas pour blesser, mais pour dissuader. Le premier qui rebrousse chemin, asphyxié par la poussière, perd le terrain…

« La mine, c’est une loterie. Tout le monde rêve de gagner le million en trouvant une nouvelle veine d’argent. » Mais la montagne s’épuise et aujourd’hui la majorité des minerais extraits sont du zinc et de l’étain. Avec beaucoup moins de valeur que l’argent !

Nous continuons notre route à un rythme effréné, gauche, puis droite, droite encore… impossible de se retrouver dans ce labyrinthe. On évite des obstacles. On passe sur des rails au dessus d’un trou. On grimpe sur des échelles en bois. La visibilité n’est pas bonne, William se cogne la tête et décroche la lampe attachée sur le casque : mais pas le temps de s’arrêter !

Le chemin devient boueux et nous pataugeons rapidement dans une eau marron qui recouvre même les rails des wagons !

Enfin, nous débouchons sur une salle minuscule, peut-être 10m de diamètre, où se trouve un groupe de travail de 4-5 mineurs. Le chef d’équipe est en charge du système de remontée mécanique par câble, qui ramène les sacs de gravas des tunnels inférieurs, sous nos pieds, vers notre niveau afin de pouvoir être acheminés vers le tunnel principal, puis la sortie. Juste à côté de nous se trouve la cheminée par où remontent les sacs de gravats. Julio nous explique que la hauteur de cette cheminée est de presque 200 mètres ! À ce nombre impressionnant, William ne peut s’empêcher de lâcher un sifflement d’étonnement. GRAVE ERREUR ! Une vague d’insultes en langue Quechua fuse immédiatement dans l’air chaud et poussiéreux… Julio cogne le casque de William et explique : « Ici, sous terre, on ne siffle pas et on ne chante pas… Cela attire le Diable! ». OK promis, on ne le refera plus…

Les mineurs les moins expérimentés s’entrainent à rouler du sable dans du papier journal, du même diamètre que les charges de dynamite : cela servira à boucher le trou dans la roche après avoir placé la charge explosive, afin de diriger le souffle de l’explosion vers l’intérieur de la roche. Sans cela, l’effet de la dynamite est quasiment inutile!

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Un peu plus loin, assis dans un coin tranquille, un mineur plus expérimenté prépare les charges d’explosifs. Nous nous asseyons en cercle autour de lui, Julio explique qu’il prépare en avance les charges car un autre groupe est en train de dynamiter les environs. Par terre, des bâtons de dynamites, des mèches et des détonateurs. Nous nous lançons des regards inquiets quand le mineur commence à amorcer les charges en enfonçant le détonateur dans ses bâtons de dynamites découpés en trois. Mais bon, tant que la mèche n’est pas allumée… On apprend d’ailleurs que la longueur de la mèche est prévue pour que les mineurs aient sept minutes pour déguerpir avant l’explosion ! On a vu des mineurs chargés de creuser les tunnels, un masque sur le nez et la bouche, le visage entièrement recouverts de poussière. Ça a l’air violent…

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Bien évidemment, nous ne pourrons pas voir le dynamitage par raison de sécurité (en tout cas, GreenGo Tours respecte la loi à ce niveau là : aucun dynamitage à des fins touristiques. Julio est intransigeant sur ce point comparé à d’autres agences d’excursion moins scrupuleuses…).

Il est temps pour nous de quitter les lieux et de rebrousser chemin.

Sur la route du retour, nous faisons halte à l’autel del Tio : le Diable… La statue del Tio est celle d’un monstre repoussant, aux yeux exorbités et aux dents aiguisés. Elle est recouverte de confettis et de rubans de carnaval.

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A l’extérieur, les mineurs ont foi en Dieu, mais sous terre, c’est un autre monde : c’est le Diable qui règne sur les lieux et les mineurs le vénèrent. On dit même qu’il est le propriétaire de chaque gramme de minerai ! La légende raconte qu’il copule avec la Pachamama, Mère Nature, et que cela créé les filons de minerais. C’est pour cela que la statue del Tio est doté d’un membre vigoureux et masculin. Les mineurs font des offrandes au Diable, dans l’espoir de trouver du minerai mais surtout pour ressortir vivant de la mine ! Le Diable est le maître sous terre et chaque mineur le respecte dès qu’il pénètre dans la mine.

Nous continuons notre route vers la sortie, toujours arque-boutés et au trot… Bientôt nous apercevons un point lumineux au loin : le monde extérieur !

Haletant et poussiéreux, nous débouchons à la lumière du jour, comme si la montagne nous recrachait. WE DID IT !!!

Pour imager nos propos, voici la vidéo de notre visite de la mine, sur un fond de musique de Dungeon Keeper qui se prête bien à l’ambiance (pour ceux qui ne connaissent pas déjà cet excellentissime jeu PC où l’on incarne un méchant et creuse des donjons souterrains).

Infos Pratiques :

Le tour à la mine nous aura coûté 130 bolivianos/pers (=16€) auprès de l’agence GreenGo Tours.

Bilan ?

Certains touristes n’apprécient pas le passage aux marchés avant l’entrée dans la mine et l’achat presque forcé des victuailles et consommables pour les mineurs : nous on a trouvé le concept très intelligent, c’est du donnant-donnant. Une sorte de mini système économique qui équilibre les ressources entre mineurs et touristes, et où nous pouvons aider les mineurs dans leur travail en les approvisionnant en matériels indispensables en cours de journée dans des endroits difficiles d’accès.

De plus, nous sommes heureux de voir que l’argent que nous avons reversé aura une utilité pour les travailleurs et leur famille, et qui va plus loin que l’argent simplement reversé à la coopérative pour notre droit de passage dans la mine. En effet, il nous semble que l’argent reversé pour l’éducation des enfants des mineurs est une bonne initiative, car c’est par l’instruction qu’on offrira à ces enfants une alternative à la mine.

Julio s’est avéré au final beaucoup plus sympathique qu’au premier abord. Avec lui, ça passe ou ça casse : la moitié de notre groupe a détesté le personnage pour son caractère tranché et autoritaire. Nous on l’a adoré : après le tour, nous sommes resté un moment avec lui, il nous a présenté sa fille Luna de 5 ans, qui est la raison pour laquelle il se lève tous les matin pour faire son travail. Nous avons bien discuté et rigolé ! Julio a certes de gros défauts, un caractère de cochon et des manières rustres, mais après avoir percé la barrière, c’est quelqu’un qui se révèle être enjoué, farceur, attachant, et qui donnerait tout pour sa famille et sa fille. Bref, pour nous le portrait de ce personnage a été tout aussi bouleversant que la visite de la mine de Potosí en elle-même !

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Nous nous dirigeons à présent vers notre prochaine étape : Sucre la Ville Blanche !

10 commentaires sur « (J+49) Bolivie – Potosí et sa mine d’argent »

  1. Woha, dis-donc Julio le Rigolo ! En tout cas, vu de loin on a l’impression qu’il joue presque un rôle (pour trier les touristes ? Pour être « fidèle » à sa « légende » ? Par respect pour les « vrais mineurs » aussi peut être).
    Faites gaffe quand même si plus tard vous avez l’intention d’aller voir les Garimpeiros au Brésil (chercheurs d’or clandestins), ça peut être vraiment dangereux.
    Vous avez goûté les feuilles de Coca ?

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    1. On a aussi un peu cette impression ! Pour le Brésil on va être un peu plus précautionneux, surtout dans les grandes villes. Et oui on a bien évidemment essayé les feuilles de coca ! Pas trop d’effets notables… À part pour le mal d’altitude peut-être (lors de notre trek au Machu Picchu), mais c’est peut-être un effet Placebo 🙂

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  2. Vous avez été courageux, plus d’un touriste aurait fait demi-tour! mais vous avez raison, il faut bien aller voir pour témoigner et pour leur apporter un peu d’aide. Quelle aventure! vous avez du cracher de la poussière en sortant 🙂

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    1. En fait la mine est une des principales activités touristiques de la ville ! Ça attire du monde… Les gens ne viennent pas à Potosí pour le paysage ! Mais certaines agences sont à la limite du respectueux : ils font pousser les charriots aux touristes « pour le fun », ou des démonstrations d’explosions à la dynamite… C’est pour ça qu’on a tenu à bien choisir notre agence !

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