(J+45) Argentine – Salta et ses deux Quebradas

Surnommée « La Linda » (la belle), Salta est une jolie ville coloniale de plus de 500 000 habitants, nichée au pied de la Cordillère des Andes à 1187m d’altitude. C’est la plus grande ville du Nord-Ouest argentin, idéalement située pour communiquer avec les deux pays voisins : le Chili et la Bolivie.

Après avoir miré des millions d’étoiles dans le ciel du Désert d’Atacama, nous sautons dans un bus, pour huit heures de trajet et rejoindre le Nord de l’Argentine, et plus précisément dans la ville de Salta, point de départ de nombreuses excursions dans la Quebrada de Humahuaca au nord de la ville et dans la Quebrada de Las Conchas au sud

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Surnommée « La Linda » (la belle), Salta est une jolie ville coloniale de plus de 500 000 habitants, nichée au pied de la Cordillère des Andes à 1187m d’altitude. C’est la plus grande ville du Nord-Ouest argentin, idéalement située pour communiquer avec les deux pays voisins : le Chili et la Bolivie.

1/ Salta, ville coloniale

Dès que l’on met le pied dans la ville, nous remarquons immédiatement la différence avec les autres villes que nous avons visitées jusqu’à présent en Amérique du Sud : la ville est en fait un quadrillage de rues parfaitement droites, ponctuée de magnifiques bâtiments au style colonial.

Le Cerro San Bernado (1450m) est situé à proximité immédiate de Salta, et il est possible d’y accéder en téléphérique, à pied ou en voiture/vélo. Au sommet, la vue sur la ville au coucher de soleil est superbe !

La Iglesia y Convento de San Francisco est un pur joyau : de nuit comme de jour, ce magnifique bâtiment religieux rose pastel est à voir ! Avec ses couleurs et ses imitations de drapés, on a plus l’impression de se trouver devant un théâtre qu’une église.

Juste en face de cette église nous avons eu un petit coup de cœur culinaire avec La Tucina, un modeste restaurant-patisserie qui fait des empanadas à petit prix mais à tomber par terre (à la viande de bœuf, au poulet, au fromage avec/sans jambon). Nous y avons également découvert une spécialité de la région : les humitas, sorte de pâte de maïs fourrée au fromage, cuit dans une feuille de maïs. Le soir, les locaux prennent d’assaut le restaurant d’une capacité d’à peine 15 places, commandent des monticules d’empanadas en discutant, rigolant et en se partageant la bière locale Salta (très bonne d’ailleurs). C’était tellement chouette que nous y sommes retournés deux fois !

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Le Museo de Arqueologia de Alta Montaña nous a passionné ! Nous y sommes restés quasiment 2h à apprendre toujours plus de la culture Inca. De même que le musée de Juanita à Arequipa, ce musée raconte la découverte de trois corps congelés d’enfants sacrifiés sur le volcan Llullaillaco (6739m) :

  • La Doncella, à priori une aclla (vierge du soleil) de 15 ans
  • El Niño, 7 ans
  • La Niña del Rayo, 6 ans

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source image : http://lucatdis.com.ar/

Afin de préserver les corps, seul un enfant est présenté à la fois en exposition au musée, sous température contrôlée. Lors de notre visite, c’était El Niño.

Pour les Incas, les montagnes étaient le royaume des dieux, appelés « apus ». C’est pour cela qu’on y retrouve nombre d’édifices religieux et d’offrandes.

On apprend que l’empire Inca s’étale de la moitié du 15e siècle à 1553 (date de la conquête espagnole) et s’étendait sur la Colombie, le Pérou, la Bolivie, le Nord du Chili et de l’Argentine. L’empire était gouverné par l’Inca, qui reléguait son pouvoir à des chefs locaux pour diriger les quatre régions de l’empire. Le centre principal du royaume était Cuzco, également zone sacrée. Le système était unificateur : contrôle du royaume, paiements des taxes à l’Inca, contrôle des ressources naturelles et agricoles et une langue unique : le Quechua. L’empire Inca était autosuffisant et les denrées circulaient au travers de chemins empruntés régulièrement, dont certains connus actuellement sous le nom de « Chemin des Incas« .

Les cérémonies incas étaient liées à la nature et sa fertilité et suivaient les rythmes du cycle agricole. Les enfants choisis pour les cérémonies les plus importantes étaient envoyés des quatre régions vers Cuzco, pour leur beauté et leur perfection : les incas voulaient en effet offrir à leurs dieux ce qu’ils avaient de plus beau. Les trois enfants du musée avaient un crâne de formation conique provoquée, ce qui était à l’époque une marque de noblesse. Pour les incas, la mort n’est pas une fin en soi, les enfants sacrifiés pour les dieux acquéraient une forme de divinité lors de la cérémonie et gagnaient ainsi l’immortalité. Et n’est-ce pas être immortel que de traverser ainsi les siècles jusqu’à notre époque et de faire revivre une civilisation entière en nous fournissant une mine d’informations ?

Les « acllas« , les vierges du soleil, étaient éduquées dans la Maison des femmes élues avant d’être données en offrande aux dieux. C’est dans cette maison qu’étaient fabriqués les « cumbi« , les textiles les plus fins de la noblesse inca. En effet, à l’époque, les textiles étaient un moyen d’identification et de communication. Le motif « Tokapus » était par exemple réservé aux chefs incas.

Après nous être rassasiés intellectuellement, nous nous sommes délectés d’Alfajores, petites pâtisseries sucrées de formes variées fabriquées en Amérique latine et en Espagne. Les principales sont constituées de deux biscuits ronds réunies par une pâte à base de dulce de leche, miel de canne à sucre ou autre confiture. Il y a également des cornes fourrées de confiture de cayote (potiron, se prononce « cachoté ») et des « Alfeñiques » caramels de sucre de canne.

Autre gourmandise : le pop-corn au miel !

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Lors de notre séjour à Salta, nous avons eu la chance de participer à un asado argentin (genre de barbecue) : le patron de notre hostel nous a invité à nous joindre à leur petit barbecue-party en terrasse avec de SUCCULENTES viandes argentines accompagnées de bons vins locaux, notamment à base du fameux Malbec, cépage essentiel de l’AOC Cahors mais aujourd’hui largement utilisé en Argentine ! Un vrai régal !

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Et nous avons passé un agréable moment à discuter et rigoler en jonglant entre l’espagnol et l’anglais.

2/ Quebrada de Las Conchas

Dans le bus pour Salta, nous croisons Coline, une sympathique française souriante et rigolote qui décide de partager un petit bout de chemin avec nous.

Fort de notre expérience de location de voiture à San Pedro de Atacama pour économiser un peu d’argent, comparée à la solution facile (mais parfois plus chère) de réserver un tour directement auprès d’une agence, nous comparons rapidement les prix et décidons de louer une nouvelle fois une voiture pour visiter les Quebradas ! C’est parti !

Le premier jour, nous visitons la Quebrada de Los Conchas avec Coline, sur la route pour Cafayate (prononcer « Cafachaté« ). Nous passons par des villages désertiques !

Première étape : la Garganta Del Diablo (« Gorge du Diable »), une gorge rocheuse qui monte à plus de 150m de hauteur.

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Plus loin, nous atteignons El Anfiteatro (« l’Amphithéâtre« ) où un musicien profite de l’accoustique exceptionnelle de l’endroit pour jouer quelques notes de musique. La place est circulaire et est complètement cerclée d’un mur rocheux de plusieurs centaines de mètres de haut ! On se sent tout petit…

Los Tres Cruces se repèrent très facilement sur la route avec les trois croix blanches en bois qui marquent un joli mirador sur la vallée.

Sur la route nous croisons une énorme roche à la forme amusante d’un crapaud – notre mascotte FrogsOnTheRoad! C’est El Sapo.

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Nous sommes quelques peu déçus par El Fraile, un pic rocheux à forme humanoïde élancée, et par la Casa de Los Loros, un pan de falaise où nicheraient des oiseaux mais apparemment ce n’est pas le jour où nous verrons un bout d’aile !

El Obelisco (« Obélisque« ) est une énorme formation rocheuse que nous ne pouvons pas louper en continuant notre route.

Nous arrivons ensuite à Las Ventanas, qui sont des roches trouées, donnant de nouveau un joli point de vue sur la vallée.

Un peu plus loin, nous apercevons Los Castillos, un impressionnant ensemble de roches, hautes de plus de 100 mètres qui rappellent des tours menaçantes de châteaux forts.

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La fin de notre parcours est marquée par la ville de Cafayate, petit village de 12 000 habitants mais renommé pour ses vignobles parmi les plus hauts du monde ! Nous nous rendons avec Coline dans la Bodega Jose L.Mounier pour y goûter quelques vins locaux, et nous ne sommes pas reparti les mains vides : une bouteille de blanc moelleux que nous attaquons directement dès la sortie de la dégustation pour l’apéro, et une bouteille de rouge Malbec que l’on se réserve pour une autre fois

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2/ Quebrada de Humahuaca

Coline est partie poursuivre sa route seule au sud de l’Argentine, nous gardons tout de même la voiture de location pour visiter en duo (comme au bon vieux temps

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) la Quebrada De Humahuaca au Nord de Salta !

Nous passons via des villages sans grand intérêt pour au final arriver, près de 250 km après Salta, au mirador Hornocal 14 Colores, avec une vue imprenable sur une montagne colorée grâce aux différentes couches minérales et calcaires qui la compose. Cette montagne a pris la forme d’un accordéon aux formations triangulaires multicolores, apparemment dû à l’érosion !

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Malheureusement pour nous, l’heure tourne et nous devons revenir à Salta pour notre bus de nuit. Nous avons juste le temps de passer par Pumamarca, avec sa montagne aux 7 couleurs. Ce sera donc une journée avec neuf heures de route en voiture pour seulement quelques minutes de visite… pas sûr que cela vaille la peine, même si le Hornocal 14 colores était spectaculaire !

Voici la vidéo qui accompagne notre article :

Bilan ?

Nous avons préféré la boucle Sud (Quebrada de Los Conchas) à la boucle Nord (Quebrada de Humahuaca). Si c’était à refaire, nous aurions visité tranquillement la Quebrada de Humahuaca en s’arrêtant sur la route qui descend vers Salta, au lieu de faire cette boucle de 500km aller-retour en une seule journée à partir de Salta. Mauvais choix stratégique !

Infos pratiques :

Après un rapide tour des agences, chaque tour coûterait aux alentours de 600 pesos argentins par personne (=30€). Donc pour les deux Quebradas et pour tout les deux, le budget aurait été de 2400 pesos argentins (=120€).

La location de voiture sur deux jours nous a coûté 1600 pesos argentins (=80€) et l’essence environ 1200 pesos argentins (=60€) soit un total de 2800 pesos argentins (=140€)

Étant trois personnes dans la voiture avec Coline, on était bons !

Après Salta en Argentine, direction la Bolivie pour finir la visite du reste du pays. Nous prévoyons de passer la frontière à Villazon puis de poursuivre notre route jusqu’à Tupiza et sa Quebrada de Las Chichas.

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