(J+28) Le lac Titicaca, du Pérou à la Bolivie

A 3812m d’altitude, le lac Titicaca est le plus haut lac navigable du monde. Il est localisé à la frontière entre le Pérou et la Bolivie et sera notre porte de sortie pour notre 2e pays de notre itinéraire !

12 septembre 2017

À 3812m d’altitude, le lac Titicaca est le plus haut lac navigable du monde. Il est localisé à la frontière entre le Pérou et la Bolivie et sera notre porte de sortie pour notre 2e pays de notre itinéraire !

map_puno et copacabana

Depuis Cuzco, nous avons pris le bus pour Puno (7h de trajet), situé à l’Ouest du Lac Titicaca, côté péruvien. Le lac est tellement énorme qu’on croirait être face à la mer : de l’eau à perte de vue, on ne voit même pas la berge opposée, en Bolivie.

1/ Puno et la partie péruvienne du lac

Puno est une ville très moche, un peu du même genre que Ica, mais quand même moins bruyante. Le seul intérêt de la ville est d’être le point de départ principal pour les îles : Uros, Taquile, Amantani, Soto, Suasi…

 

 

Nous avons décidé de faire une excursion de deux jours dans les îles principales, en passant par une agence tenue par les communautés des îles sur le port, ce qui nous assurait d’avoir un tarif bas, et directement reversé aux populations locales.

Nous sommes partis le lendemain 8h sur un petit bateau qui avançait à 2 à l’heure. 1h plus tard, nous avons débarqué sur une des îles Uros, qui ont la caractéristique d’être entièrement composées de roseaux. La Présidente de l’île nous explique comment ils vivent : les îles d’Uros sont fabriquées avec des blocs de pieds de roseaux attachés entre eux, et recouverts de matière sèche de roseau. Sur cette surface flottante, ils ont construits leurs maisons, en roseaux également. 4 familles vivent sur la petite île ! Cette dernière est amarrée au fond du lac, peu profond à ce niveau, « sinon demain on sera en Bolivie, et on a pas de passeport » blague la Présidente. Pour se déplacer d’île en île, ils utilisent un radeau en roseau. Les habitants sont très pauvres, ils vivent de la pêche et d’artisanat qu’ils vendent aux touristes de passage. Les touristes sont fortement sollicités pour « collaboracion a la communidad » : achat d’artisanat, tour de l’île en barque pour 10 soles…

 

 

Nous repartons pour l’île Amantani où nous arrivons pour le déjeuner. Nous sommes accueillis dans une famille de la communauté : Francesca et sa fille Jasmina viennent nous chercher au port pour nous emmener, nous et Diego, un sympathique argentin « de la Pampa » dans leur maison. Nous nous installons dans une énorme chambre avec trois lits rien que pour nous deux (étant en basse saison), que l’embarras du choix !

Pendant ce temps, Francesca, aidée de sa seconde fille Delia, nous prépare le repas : des petites patates allongées jaunes et violettes recouvertes d’une tranche de fromage grillé qui couine un peu sous la dent, accompagné de quelques rondelles de concombre et de tomate. C’est simple mais fort bon ! En fin de repas, on nous sert un thé de muña (inca mint), avec des herbes fraîches.

 

 

Francesca et ses filles sont plutôt réservées. On apprend que Francesca a deux autres garçons, plus agés, qui sont partis travailler à Puno dès 22 ans dans un garage. Malgré la proximité, ils ne rentrent qu’une fois par mois.

Après le repas, nous décidons avec Diego d’aller nous balader et grimper jusqu’aux deux collines de l’île : Pachamama et Pachapapa.

La balade est jolie, plutôt tranquille et sans touristes. Nous faisons plus amplement la connaissance de Diego qui nous donnera plein de conseils pour notre séjour en Argentine ! Nous prenons le temps d’attendre le coucher de soleil sur la Pachapapa, en partageant une bière fraîche. Le cadre est superbe !

 

 

De retour à la maison, nous rencontrons le chef de famille, Carlos, qui partagera notre repas (soupe de quinoa et spaghettis aux tomates et oignons frais avec des petits cubes de fromage). Carlos est capitaine de bateau pour emmener les touristes sur les îles, et on le sent beaucoup plus enclin à la conversation ! Malheureusement pour nous, Carlos et Diego se sont avérés une passion commune pour le foot, et la discussion a tourné essentiellement autour de ce sujet. N’étant passionné ni l’un ni l’autre, nous n’avons pas bien pu participer aux échanges…

On apprendra tout de même que 800 familles (4000 habitants) vivent sur l’île, reparties en différentes communautés assez distinctes. Pour faire bénéficier les différentes familles de la présence des touristes, des rotations sont organisées dans les communautés pour que les familles puissent héberger les touristes tour à tour. Cependant, en cette période, peu de familles se montrent disponibles car elles sont occupées au travail dans les champs (période de labour et de semis). Chaque famille détient un petit lopin de terre pour cultiver les denrées alimentaires : quinoa, patates, légumineuses… S’ils ont de la chance avec les conditions climatiques, les récoltes leur permettront de tenir toute l’année. Sinon, ils devront acheter le complément à Puno. Il y a quelques élevages sur l’île mais ça n’est pas monnaie courante. Les familles ne doivent pas voir souvent de la viande dans leurs assiettes… Carlos nous explique qu’il a un petit élevage de cochons d’Inde (une dizaine d’adultes et leurs petits) mais uniquement destiné à la vente. Eux ne mangent du cochon d’inde qu’une fois par an…

DSC04857 (FILEminimizer)

Avant de se coucher, on fait un petit tour dehors : avec peu de sources de lumière dans le village, le ciel étoilé est magnifique ! La nuit est également très calme : pas de bruit de voiture, pas de chien sur l’île, pas d’agitation nocturne…

Le lendemain, après un petit déjeuner dans notre famille d’accueil, nous reprenons le bateau direction l’île de Taquile pour 2h d’escale, juste le temps de traverser l’île, visiter le petit village et goûter à la truite du lac dans un restaurant de la communidad, et nous voici repartis pour 3 longues heures de bateau afin de retourner à Puno.

 

 

Infos pratiques :

Le trajet en bateau sur les 3 îles coute 30 soles/personne (8 €). L’entrée pour les îles Uros est gratuite mais il faut rajouter 4 soles/pers pour l’entrée sur Amantani et 8 soles/pers pour Taquile.

L’hébergement dans la famille coûte 45 soles par personne (nuit + 3 repas), soit environ 12€. Le paiement se fait sur place, directement à la famille, ce qui permet d’éviter le travers de certaines agences qui rognent leurs coûts sur les frais reversés aux familles – prévoyez le compte rond car ils n’ont pas de monnaie

2/ Copacabana et la partie bolivienne du lac

Après Puno, direction Copacabana, à l’Est du lac Titicaca, côté bolivien. Ayant vu la veille qu’il y avait des trains en partance de Puno pour Copacabana à 7h30, nous sommes arrivés au terminal des bus à 7h. La première agence que nous allons voir nous dit qu’il y a un bus qui part tout de suite à 7h !! OK s’est parti pour un rush matinal!! Le temps que Claire achète les billets, William part claquer les 30 soles qui restent en chips, eau et petits gâteaux avant de changer de monnaie une fois la frontière Bolivienne passée. La dame de l’agence nous presse : « el bus está esperando », le bus vous attend… On saute dans le bus à 7h05, sans trop comprendre ce qui vient de nous arriver, tellement ça a été rapide ! William a bien fait son travail : il nous reste 1,5 soles en poche ! Mais la dame du bus nous prévient un peu plus tard qu’il faudra payer 2 bolivianos par personne à l’entrée en Bolivie, ou 1 sole par personne. Euh… Bon, en négociant le tarif de passage, on payera 1,5 au lieu de 2 soles. Décidément, il ne nous restera plus rien ! Zéro, niet, nada !

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A Kasani, le bus s’arrête et tout le monde descend : c’est la frontière ! Il faut d’abord passer la douane péruvienne puis marcher une centaine de mètre pour passer la douane bolivienne. Notre passeport est tamponné, NOUS VOICI EN BOLIVIE !!!

Nous regrimpons dans le bus qui nous attendait côté bolivien, et reprenons la route jusqu’à Copacabana pour une arrivée à 11h. Nous traversons une dernière fois le lac Titicaca par voie maritime à San Pedro de Tiquina : nous descendons du véhicule pour prendre une navette fluviale pendant que notre bus fait la traversée sur une barque!

DSC04997 (FILEminimizer)

Copacabana est une jolie ville en bord de lac, rien à voir avec Puno. Il doit faire bon vivre dans la ville : la population est jeune, et on n’a jamais vu autant de dreadlocks au mètre carré !

 

 

On repère une sortie pour l’après-midi à 13h30 afin de visiter la partie Sud de l’Isla del Sol. Malheureusement pour nous, cette île qui est réputée comme la plus belle du Lac Titicaca pour ses jolies plages dans la partie nord et ses ruines incas, est actuellement fermée en grande majorité depuis cinq mois pour des conflits entre les communautés locales sur la manière de gérer le tourisme de l’île. Résultat : impossible de visiter l’île ou de se rendre ailleurs que dans la partir sud, que ce soit en bateau ou à pied. Quel dommage ! Tant pis, quitte à être à Copacabana, on décide de visiter quand même le sud de l’île.

Entre temps, on va chercher un hôtel pour le soir et une banque pour retirer pour la première fois de la monnaie locale : des bolivianos. On retourne tranquillement sur le port à 12h30 pour acheter nos billets avant d’aller manger. Et là encore SURPRISE ! On se fait embarquer dans un tourbillon ! On se rend compte qu’il n’est pas 12h30 mais 13h30 parce qu’on a complètement zappé qu’il y avait un changement d’heure entre le Pérou et la Bolivie, et que du coup le bateau partait immédiatement… On a dû prendre nos billets fissa pour sauter dans le bateau !! En laissant sur le rivage notre envie de déjeuner…

S’ensuit un tour au rythme endiablé : 3h de bateau pour 1h sur l’île ! On fait un premier stop de 45min à Yumani pour voir la fontaine des incas : une source d’eau pure et naturelle qui ne se tarit jamais, coule le long d’escaliers construits par les incas. La légende dit que si on boit 5L d’une traite de cette eau, on rajeunit ! On n’a bu que quelques gorgées, peut être était-ce suffisant pour une ride ou un cheveu blanc en moins…

 

 

On a eu le temps de grimper jusqu’au village, mignon mais plus touristique que les îles péruviennes, avec des restaurants et des pizzerias. Certains touristes choisissent de passer une nuit sur l’île. Nous on repart et on marque un deuxième arrêt de 15 min un peu plus loin sur une ruine inca, qui au vu des restes de feuilles de coca, fleurs, cire de bougie et cigarettes, doit servir de lieu de cérémonie pour la Pachamama.

 

 

Cette journée aura été très speed, et on se remet de nos émotions le soir devant une bonne « trucha a la plancha » avec une petite bière bien fraîche.

Le lendemain, avant de partir à la Paz, on profite de la matinée pour visiter Copacabana. Il n’y a pas grand chose à voir mais la cathédrale est superbe, aux allures de mosquée avec son grand parvis carré, ses murs blancs ornés de mosaïques et ses coupoles. Nous avons également aimé la grimpette au Cerro Calvario et sa procession de 14 croix pour sa vue magnifique sur le lac et la ville.

 

 

 

Infos pratiques :

Le trajet aller-retour pour l’Isla del Sol nous a coûté 40 bolivianos par pers (5€), auquel il faut rajouter une entrée à 10 bolivianos par pers.

Bilan ?

On a pas regretté la nuit passé chez l’habitant à Amantani, une expérience qui a été dépaysante !

On a été déçus par l’Isla del Sol, mais sûrement parce qu’on a pas eu la possibilité de voir le plus beau ! Mais ce tour en bateau ne valait pas le coup d’être fait au vu du peu qu’on a vu et du rythme diabolique de la sortie.

Prochaine étape : La Paz, capitale de la Bolivie, pour rendre visite à nos copains Vlada et Jérémie !

7 commentaires sur « (J+28) Le lac Titicaca, du Pérou à la Bolivie »

    1. Salut Sophie ! Je vois que tu suis nos aventures de près ! 😉 Il ne faisait pas si froid que ça au lac Titicaca (un peu frais le soir mais ça va on avait de bonnes couvertures !). Par contre on a eu de la pluie sur l’isla del sol. Mais c’est vrai que j’ai l’air bien emmitouflée car ma polaire était à la laverie et que je n’avais plus que ma doudoune ! A bientôt ! Bises. Claire

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    1. Coucou Vero ! En journée ça allait, il devait faire 15-20°C je dirai mais avec un peu de vent. Les nuits sont plus fraîches, mais je me rappelle avoir surtout eu froid à Puno et Copacabana, pas trop sur l’île Amantani où on avait de bonnes couvertures ! Bisous à toi ! Clairem

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  1. Coucou les frogs!!! Wawwww je viens de lire vos dernières étapes!!! Incroyable. On ressent votre émotion dans votre article sur le Mach Pichu!! Une reve de réalisé, bravo. Moi je m’interroge sur ce mal de l altitude, parce que quand je vois presque 4000 m le lac titicaca….j ‘ai peur!!! Continuez à nous faire voyager et kiffez à fond!

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    1. Salut Sabrina !
      On a fait au mieux pour s’acclimater à l’altitude : on a commencé par Arequipa (2335m), Cuzco (3399m), pour enfin arriver au Lac Titicaca (3800m), et on a voyagé en bus pour y aller doucement… En avion, l’organisme a moins de temps pour s’habituer/

      Normalement à 4000m d’altitude en prenant son temps il n’y a pas de problème… De toute façon tu verras bien que le moindre effort va t’épuiser 🙂 Nous on grimpait une dizaine de marches et on était déjà essoufflé !

      Pour nous, les choses se sont corsé en s’approchant des 5000m, mais avec un peu de repos, des feuilles de coca et surtout de l’aspirine, ça passe !

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